Partager l'article ! Des traces de biches tout autour des rondins: < dans les Vosges cristallines moyennes alsaciennes > Je pars vers un abr ...
Vision du Hohlandsbourg
Etre et
avoir
(Extrait du livre de Nicolas Ridoux, La Décroissance pour
tous)
La
Source, chronique d'une cabane forestière
Dernière mise à jour, au 09 décembre
"Ebauche d'historique et de
géologie"
Forêts Sauvages
Fond pour la naturalité des écosystèmes
La
Salamandre
La revue des curieux de nature
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< dans les Vosges cristallines moyennes alsaciennes >
Je pars vers un abri forestier nouvellement construit, pourvu d’un poêle flambant neuf et d’un toit végétalisé. La cabane à priori vaut le détour.
C’est en repensant à ces quelques indications plus qu’alléchantes attisant mon enthousiasme que je traverse la forêt au moment même où la nuit éteint le crépuscule. Quelques cris de chouette
hulotte font me concentrer sur les bruits nocturnes des sapinières mais la neige crisse sous mes chaussures, rendant toute perception difficile.
Au niveau d’un carrefour, des sangliers s’échappent rapidement dans la pente. Le chemin est rendu difficilement praticable en raison d’une couche de neige à moitié fondue, tassée et souvent
glissante.
Au bout d’une heure d’obscurité, je distingue la silhouette cachée de l’abri, légèrement surélevé au niveau d’un croisement de routes forestières. Des rondins fraîchement sciés et remarquablement
bien assemblés, une bonne odeur de sciure, un charmant aménagement intérieur, il ne me reste plus qu’à allumer une bougie au milieu de la table et m’occuper du feu.
Je suis surpris de voir du bois coupé prêt à l’emploi, c’est si rare dans les refuges, penser au suivant en lui préparant ce qu’il faut pour lui faciliter la tâche. Ce qui me frappe également,
c’est l’absence totale d’inscriptions ou de graffitis sur les murs intérieurs, le chalet en rondin est bel et bien tout neuf, presque inviolé, l’odeur du bois résineux est forte et très
agréable.
La quiétude de ce lieu envahit tout mon être, j’aime ma solitude au milieu des bois.
Lumière frêle d'une petite et d'une grande bougie
Deux flammes se reflètent dans la vitre de la fenêtre
Belle flambée dans un fourneau tout neuf
Il
se dégage une ambiance particulière devant la source de chaleur
Vue de l'extérieur du chalet
La lumière du jour inonde facilement l’intérieur de la cabane grâce à ses larges ouvertures vitrées.
Je suis peut-être le premier à avoir dormi dans cet abri, l'idée me
ravit
La porte d'entrée, tout un symbole
Une construction parfaitement en harmonie avec son environnement forestier
Les
rondins s'assemblent admirablement, c'est tout l'art de la fuste
Une toit végétalisé qui absorbe l'humidité, isole et rend l'endroit d'autant plus discret
L'herbe est la même que celle qui tapisse le sol de la forêt
Un lieu de tranquilité, de ressourcement, de plénitude
Le réveil est très agréable, je découvre l’environnement direct des rondins, c’est une magnifique sapinière typique de l’étage montagnard vosgien.
Les chemins forestiers à proximité révèlent grâce à la neige de nombreuses traces de grands cervidés, cerfs et biches.
C’est une profusion d’empreintes, particulièrement bien marquées dans une poudreuse vieillie et compactée. Il me semble marcher dans une grande forêt sauvage, giboyeuse à souhait.
Empreinte de biche, environ 6 cm de long et 5 cm de large
Autre empreinte ayant une forme plus courte et plus
arrondie
Un chemin forestier très parcouru par les grands cervidés
Pour la biche, des petites crottes bien arrondies
d'environ 2 cm de long sur 1 cm de large
Zones dévastées par la grande tempête du siècle
dernier
Majestueux sapins pectinés épargnés par les grands
vents
Vestige de chandelle isolé face aux grands espaces
forestiers
Forêt meurtrie vue d'un mirador
Excrément déposé sur une souche pour marquer un
territoire, peut-être celui d'un renard
De grands fûts élancés vers le ciel et traversés par
la lumière
« Il y a 800 ans, au Moyen Age, on voyait dans la beauté de la nature celle de Dieu. La nature était donc un lieu de contemplation. Et l'homme ne disposait pas de moyens pour la détruire.
Mais à la Renaissance, il s'est extrait de la nature pour l'étudier : il l'a désacralisée. Et c'est devenu bien pire avec la révolution industrielle : dès lors, la nature a été considérée comme
un matériau inerte dans lequel on puise. Avec ce qu'on lui prend, on produit pour pouvoir consommer ! Maintenant, il s'agit même de consommer pour pouvoir produire ! Et c'est dans la nature que
nous vidons nos ordures. Depuis 150 ans, on vide la nature comme un réservoir et on la remplit comme un dépotoir. »
(Jean-Marie PELT. Interview dans Echos Systèmes n°8. 1ier trim. 2009).
Continuons donc à la contempler comme au Moyen Age et à dormir dans des cabanes avec comme seul éclairage, une simple bougie, en ne laissant aucune trace de son passage, même pas une miette de
pain !
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