Partager l'article ! Partir des chaumes pour se poser au bord du Lispach: < dans les Hautes-Vosges cristallines méridionales, forêt de la Bresse… > ...
Vision du Hohlandsbourg
Etre et
avoir
(Extrait du livre de Nicolas Ridoux, La Décroissance pour
tous)
La
Source, chronique d'une cabane forestière
Dernière mise à jour, au 09 décembre
"Ebauche d'historique et de
géologie"
Forêts Sauvages
Fond pour la naturalité des écosystèmes
La
Salamandre
La revue des curieux de nature
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< dans les Hautes-Vosges cristallines méridionales, forêt de la Bresse…
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J’avoue mon plaisir, celui de retrouver l’omniprésence végétale
vosgienne, dans un décor de grande futaie irrégulière. Les plantes dominatrices envahissent chaque espace, profitant d’une grande humidité. Le large chemin reste la seule ouverture possible
permettant une progression toute en douceur vers des hauts plus que prometteurs.
Les derniers rayons obliques osent percer des nuages instables pour éclairer mon ascension dans un air frais bienfaisant. La chaume se précise par l’arrêt brutal des ligneux et l’abri m’apparaît,
presque timide, mon chemin de traverse était donc le bon.
Longues herbes de la chaume des
Champis
Je retrouve avec joie mes compagnons, déjà bien installés. Dans une large cheminée, des braises réchauffent un air confiné légèrement enfumé. La soirée passe vite, diner, échanges devant l’âtre,
montage des tentes. Puis toujours ce même plaisir intense de sentir le long de ses membres la douceur du duvet dont le tissu gonflé m’étreint et me réchauffe. Je me sens si bien, écoutant la
pluie s’abattre sur une toile ruisselante constamment lavée de ses gouttes par un vent tourbillonnant.
Juste avant le plaisir du duvet, celui d'un bon feu
de cheminée
Le jour se lève très tôt. Malgré un temps relativement médiocre, je me hâte de sortir de mon abri éphémère pour partir à la rencontre d’hypothétiques chamois sur le haut de la chaume.
Je tombe nez-à-nez sur un petit groupe, ils étaient bien là, broutant l’herbe derrière un bosquet de feuillus, nos regards se sont croisés sur le vif, au tout dernier moment, impossible d’éviter
le dérangement.
Lieu du bivouac sur une très belle crête vosgienne
dominant Chajoux et Moselotte
Refuge des Champis en lisière de
forêt
Un beau chemin enherbé mène au
refuge
Après un copieux petit déjeuner dans l’abri, nous repartons vers d’autres lieux, d’autres rivages, lacustres ou tourbeux, en quête de belles lumières. C’est au bord de Lispach, une autre perle
des Vosges, que nous nous posons.
La surface de l’eau, calme et silencieuse, est comme un large miroir découpé sur mesure, créant des tableaux changeants aux couleurs métamorphosées.
Je ne peux m’empêcher de fustiger la présence de cette route goudronnée longeant depuis trop longtemps une bonne partie de la tourbière, la rendant beaucoup trop accessible au tourisme de masse
et gâchant une partie du paysage.
Toujours le même constat, celui de l’absence dans notre massif de vastes espaces naturels libérés de tout axe de pénétration routier.
Restaurer ces espaces, en transformant pourquoi pas les routes en simples chemins, pour que demain, la nature puisse encore nous afficher un semblant de caractère primitif.
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