< dans le Ried Rhénan, bande rhénane sud … >
Un hiver gris et dur mort les bandes de terre rhénanes. Les digues
sont balayées par un vent glacial humide.
L'immensité des berges
L’eau froide du Grand Canal d’Alsace fige de nombreuses colonies d’oiseaux, recroquevillés sur eux-mêmes, seule l’arrivée d’un bateau pouvant provoquer leur envol.
Des canards de surface, les colverts, des canards plongeurs, les fuligules milouin et morillon, tous semblent lutter contre le froid.
Les gigantesques pylônes électriques jalonnant les berges ajoutent un sentiment morose au tableau rhénan. Rarement l’hiver alsacien n’aura imprimé à la nature un masque aussi sévère et
hostile.
L'envol des oiseaux
Je me rapproche de la végétation prise en étau entre le Rhin canalisé et le Rhin artificiel, pour atteindre un étang totalement gelé et recouvert d’une mince couche de neige fraîche. L’ambiance
hivernale y est plus que séduisante.
Une zone sans vie, un petit coin de désert blanc
Un enchevêtrement d'herbes et de givre
Les hautes herbes sont durcies par le gel
J’ose marcher discrètement sur la glace épaisse jusqu’au milieu du plan d’eau solidifié, pour capter de manière insolente des angles de vue peu communs.
Une surface plane totalement figée
Un îlot isolé en plein milieu de la zone humide
Une langue de terre étroite en direction du centre de l'étang
Pas la moindre présence animale, et pourtant les traces imprimées sur la poudreuse sont nombreuses, trahissant de fréquents passages sur toute la surface durcie de l’étang. Je suis soulagé de
n’avoir à priori dérangé personne, mais je suis certain d’avoir été observé.
L'épaisseur de glace est moindre à certains endroits, un animal a osé franchir
l'obstacle
Des plantes aquatiques réussissent à maintenir leur couleur chlorophyllienne
Un enchevêtrement de lianes dans la jungle rhénane saisie par le froid
Et plus loin, c’est moi qui observe, au bout d’un autre plan d’eau bien protégé par un écran de végétation, plusieurs hérons cendrés, et un oiseau très rapide d’aspect métallique, certainement un
martin-pêcheur.
Un dernier coup d’œil plus loin pour admirer quelques cygnes tuberculés juvéniles avec leur belle robe blanchâtre à tendance gris-brun, c’est leur premier hiver. Je repère un endroit d’affût
idéal, il me tarde de posséder le matériel optique adéquat.
Mais faut-il vraiment toujours vouloir garder des images de ce que l’on voit, n’est-il pas préférable tout simplement d’observer, et de se détacher de tout matérialisme onéreux ?
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Dans le vignoble de Saint-Hippolyte

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