< en Allemagne, dans le Palatinat, région d'Eppenbrunn …
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Je pars seul vers les grandes étendues forestières de l’Alsace septentrionale, recherchant le plus fort isolement, loin de toute agitation humaine.
Il me tarde de dormir sous un abri de roche, de me projeter des milliers d’années dans le passé, quand l’Homme n’était pas encore définitivement sédentarisé.
Le sous-bois est déjà bien sombre et je sais que personne ici n’osera parcourir le sentier à la nuit tombante, loin de tout, dans un froid toujours plus mordant.
Une mince couche de neige pour
une ambiance très hivernale
Je longe la frontière mais tout sur ce territoire n’est qu’unicité, harmonie du relief et continuité végétale. Seules les bornes semblent vouloir matérialiser cette séparation pour
l’éternité.
D'un côté la France, de l'autre côté l'Allemagne, et finalement peu importe
de quel côté
Au niveau d’un petit col, je bifurque plein ouest vers l’inconnu en suivant une crête toute endormie sous son édredon neigeux.
A son extrémité, la présence d’escarpements sur son versant sud se précise. J’y découvre rapidement une longue barre rocheuse constituée de nombreux surplombs propices au bivouac sous rocher.
La vue d’un polissoir me transcende d’émotion, un petit aperçu de l'activité des hommes du néolithique sur ce site. Quelques bruits de cloches au lointain viennent perturber le profond silence
qui assomme ce petit coin de moyenne montagne.
Il fait froid, je m’active dans mes préparatifs de bivouac après m’être rapidement restauré. Je m’enfonce dans mon duvet avec délectation, il est déjà 20h.
Ma solitude sous ce rocher me fait discerner ce que la nature garde ici d’originel, malgré des traces anciennes d’occupation humaine. Je savoure une longue nuit de sommeil avant de partir au
petit matin vers un autre site rocheux.
La neige est presque parvenue à toucher mon duvet, protégé qu'il était par le rocher
surplombant
Vivre sous un rocher, comme l'Homme de Cro-Magnon
Les pics de glace seraient presque effrayants tellement ils sont nombreux
Ancienne borne frontière du tout début du XVIIe siècle
Je rencontre par hasard au détour du chemin une pythie lorraine qui m’entraîne de manière irrésistible vers une première découverte époustouflante de beauté minérale.
Une énorme barre rocheuse aux dimensions hors normes
La mince couche de neige encercle le rocher
Le contraste de couleur entre les éléments est frappant
Le soleil fait de courtes apparitions pour encore mieux éclairer le souffre des
lichens
Une très belle verticalité et toujours sur le haut un effet surplombant très
esthétique
Notre chemin est si facile, le sable gréseux nous guide à la frontière des cristaux
neigeux
Des arches géantes, des trous, des cavités, le vent a fait son oeuvre, une oeuvre gigantesque
Un banc solitaire pour mieux entrer en contemplation méditative
Les dimensions impressionnent et la lumière s'active
Une mini arche qui timidement se dévoile, la nature réalise des
merveilles
Marcher le long des rochers, respirer l’air de la forêt, recevoir jusque dans mes veines le peu de rayonnement solaire, tout cela me réconforte et me donne des ailes. Mais une force m’oblige à
repartir vers d’autres lieux, la pythie lorraine déjà s’éloigne, m’échappe, je n’aurais pas profité longtemps de sa présence.
Je sais qu’un jour je la reverrai, peut-être sous un rocher, elle posera ainsi sur ma solitude son doux voile protecteur.
Traces du lièvre variable, le sol
blanc se présente toujours comme une page d'écriture
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Preixan au coeur de l'hiver

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