Rando-bivouac



< dans les Hautes-Vosges cristallines moyennes, région de Soultzeren … >     lien vers Google maps


Le bonheur de m’immerger à nouveau en pleine nature après plusieurs semaines d’abstinence, saturé par un déménagement qui n’en finissait plus.

Je pars dans la nuit, seul. La montagne est belle ainsi noircie, hormis quelques petits points lumineux au lointain, les fenêtres de quelques habitations. Je recherche un pré, plus en altitude, au hasard de mon chemin. Finalement, c’est au niveau d’une lisière que je me pose, entouré de sapins.

Juste avant de m’enfourner dans le duvet, je lève la tête et contemple un ciel piqueté d’étoiles, et surtout, j’écoute ce silence qui m’assomme de sommeil.

En pleine nuit, une sorte de grattement venant du sol me réveille, ce bruit semble tout proche de ma toile de tente. J’entends un souffle, et le grattement se précise. Pas de doute, c’est un sanglier qui remue la terre, à la recherche de nourriture. J’émets un léger gentil grognement, cela suffit à l'éloigner de mon couchage.

Le lendemain matin, j’ai le plaisir de me lever avec un beau soleil.


null      Aperçu de la lumière pénétrante sous le double-toit de ma tente



null      Une ombre humaine qui bientôt disparaîtra


Je traverse le pré voisin et en le quittant, je vois un lièvre qui détale.


null      Paysage ouvert, mes yeux sont emplis de vert


 J’ai hâte de prendre mon petit déjeuner, ce sera au niveau d’une habitation à flanc de montagne, avec une vue superbe.


null      Un pilier de granite qui donne une impression de grande solidité, lieu-dit Altenkraeh


Cherchant quelques beaux sujets à photographier, je m’arrête finalement auprès d’un sorbier, avec ses multiples baies orangées.


null                               Ecorce brune relativement lisse mouchetée de gris argenté



null                               Rameau envahi de lichen



null      Rameau presque identique au tronc pour ce jeune sorbier



null      Feuilles composées divisées en 13 ou 15 folioles souvent jaunâtres et finement dentées



null                               Nombreuses pustules orangées sur le dessous des feuilles



null                              Des branchages alourdis de nombreux fruits



null      Drupes rouge orangé plus ou moins globuleuses, très appréciées des oiseaux



null      Fruits frais non comestibles car contentant divers acides dont certains sont toxiques



null      Le sorbier des oiseleurs dépasse rarement 15 m de haut et pousse souvent en altitude, ici 1080 m


Le lac du Forlet tout proche attire de nombreux randonneurs, parfois regroupés par dizaines. Normal, on est un dimanche, et en plus, il fait très beau.


null      Paysage alpin, et pourtant on est dans les Vosges



null      Une vache donnant l'apparence d'être seule, mais l'énorme groupe de randonneurs n'est pas très loin



null      Rapprochement progressif vers le bovidé



null                               Gentil tête-à-tête au milieu des mouches


Je réussis tout de même à m’isoler à proximité de la tourbière, un endroit à priori moins connu que les abords de la ferme auberge.


null      Un environnement unique, particulièrement reposant



null                               Les tentacules gluantes de la droséra



null      Une minuscule grenouille se faufile dans les herbes de la tourbière



null      Elle me regarde du coin de l'oeil



null      J'ose la prendre délicatement dans mes mains, sans l'effrayer



null      Elle n'est pas très rassurée



null      Bébé grenouille joue finalement les acrobates sur mes articulation anguleuses


Après une longue séance de macrophotographie, je m’accorde un peu de repos dans ce cadre exceptionnel, au cœur d’un cirque glaciaire de toute beauté.


null      Syrphidae prête à l'envol



null                              Les versants escarpés du cirque du Forlet


Sur le chemin du retour, halte prolongée au niveau d’une ancienne ferme pour prendre mon déjeuner et surtout prendre mon temps pour une sieste prolongée à l’ombre d’une avancée de toit.


null      Lieu-dit Grossrunz, en contrebas du lac du Forlet



null      Grande sauterelle verte



null      Une petite maison dans la prairie, encerclée de conifères


Un peu plus loin, c’est une petite mare bien dissimulée derrière une autre habitation qui attire toutes mes convoitises, et en cadeau, sauterelles et odonates.


null      Orthoptère à identifier



null      Agrion à identifier



null      Le milieu humide qui héberge toute cette petite faune



null      Sur le chemin du retour, paysage modelé par l'agriculture de montagne


La boucle est bouclée, riche de rencontres, certaines totalement imprévues, et d’autres, totalement prévisibles. Car en ce dimanche ensoleillé, j’étais loin d’être le seul aux abords du plus beau lac des Hautes-Vosges, très fréquenté pendant la période estivale.

« Si tant de gens compensent par une surfréquentation de nature nos malaises de société, c'est que nos environnements artificiels, nos milieux professionnels sont dramatiquement dépourvus d'intimité. Rétablissez l'intime dans le monde artificiel, et les êtres humains redécouvriront la nature pour elle-même et non par besoin de compensation. Ainsi, les médias ont pour responsabilité de rendre plus intelligents nos comportements de masse au lieu de profiter sans discernements de nos besoins réactifs. » (Bernard Boisson. La forêt sans l'homme réveille l'humain intérieur. Naturalité n°5. octobre 2008)


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Autres articles sur le Forlet : 
Les discrets droséras de la tourbière du Forlet

                                                          Le cirque du Forlet et le retour de l'hiver




Dim 23 aoû 2009 4 commentaires
EH BEN DIS DONC, TU N'Y ES PAS ALLE AVEC LE DOS DE LA CUILLERE !!!

Ton nouveau reportage-photos est absolument mortel, je n'en reviens pas ! C'est d'une magie insolente, absolument délicieuse, envoûtante ! Ce site du Forlet me rappelle immensément de souvenirs, d'émotions et de sensations fortes ... car, figures-toi, que je m'y étais rendu personnellement, au mois d'août ! J'ai effectué un fabuleux parcours sportif, au départ du lac blanc (1050 m). J'ai ensuite visité, dans l'ordre, l'observatoire de Belmont (1220 m), la chaume tourbeuse du Gazon du Faing (1302 m), le Taubenklangfelsen (1299 m), la cascade du Rudlin (850 m), le lac du Forlet (1065 m), l'Altenkraehkopf (1270 m), ainsi que le lac noir, au retour (954 m) ! Je garde de cette randonnée, un incroyable souvenir dans mon égo ... Quant à tes macros sur les insectes et les grenouilles miniatures, elles sont d'enfer, irrésistiblement nature et sauvage ! Du très grand art photographique, sérieux ! Continues donc sur cette extraordinaire lancée, afin de me faire toujours plus aimer ces Vosges ! Ton secteur commence à m'être bien connu désormais et malgré l'éloignement, je compte bien revenir chez toi, un de ces quatre, lorsque la saison printanière sans neige, sera de nouveau de retour : rendez-vous te sera donc donné de ma part en avril prochain, quand les routes des crêtes seront à nouveau ouvertes au public automobile ...
PPDR - le 29/10/2009 à 21h55

Ton émerveillement pour ces Hautes-Vosges est parfaitement compréhensible tant ce secteur recèle de beautés infinies. Les premières fois sont toujours des moments d'intense émotion, et puis on s'habitue, mais pour celui qui sait observer, il y a aura toujours à découvrir et jamais l'habitude et la répétition ne viendront entacher son engouement naturaliste. Sinon j'ai une confidence pour toi, tu sais que je rêve qu'un jour la route des crêtes soit transformée en chemin de terre, et qu'au lieu des voitures, des motos et des cars, ce soient des marcheurs, des vélos, des chevaux, des charrettes, et quelques tracteurs pour nos précieux fermiers aubergistes. 

BDF
Tu me fais découvrir ces Vosges à chaque fois et à chaque fois j'ai l'impression que c'est une autre région... Tellement bien tes reportages, j'apprends pleins de choses, de véritables leçons de nature et de photographie ! oui tes macros sont superbes, tu as vraiment acquis un très bon niveau photographique, bravo.
Merci beaucoup de faire partager tes aventures, j'adore.............
Bonne soirée Bertrand.
Philib - le 29/10/2009 à 23h31
Je débute en macrophotographie, il me reste à acquérir un trépied pour accroître mes chances de parfaite netteté. C'est une activité passionnante qui incite à parfaire ses connaissances dans beaucoup de domaines. Mais la longue focale me titille aussi, de plus en plus.
BDF
On ressent au travers de cet article l'amour pour la nature, la vraie avec juste quelques petits animaux et la forêt. Tes macros sont très belles. Tu maitrise ce grand art. Bravo cher ami.
Philippe - le 30/10/2009 à 08h25
Je ressens de plus en plus souvent ce besoin de me focaliser sur un site, pour l'approfondir, en y revenant régulièrement, à chaque saison. Et ce cirque du Forlet fait partie de ces endroits magiques, mais tellement surfréquenté en été. Quant à la macro, je prends véritablement un plaisir extrême, c'est indescriptible.
BDF
Ta petite grenouille toute mignonne ferait fondre un bœuf ! Tu ne l'as pas ratée au 105 mm. On voit bien la qualité . Bises du Jura (demain j'arrete) â mon cher BDF.
Martine SCHNOERING - le 30/10/2009 à 19h43
Tellement petite et si fragile. J'ai osé la prendre dans le creux de ma main pour lui tirer le portrait. Toujours prendre conscience quand on photographie un animal, aussi petit qu'il puisse être, que l'on ne dispose pas de son accord. On espère juste que le bénéfice compassionnel dont il profitera, compensera le stress momentané. On rend hommage à l'animal contre son gré, on essaye donc de faire vite, sans non plus le brusquer et surtout en restant attentif à ses réactions.
BDF