Rando-bivouac
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région du Grand Ballon, carte 3619 OT, dans les Hautes-Vosges cristallines méridionales >
(Geishouse - col du Haag -
Storkenkopf)
« Une prise de conscience progressive,
un cheminement graduel vers une liberté choisie qui n’a d’autres fins que d’entrer en résonance avec les beautés du monde et l’amitié qui naît au détour des chemins de hasard
».
Je ne me lasse pas de ces mots maintes fois relus, et toujours dans l’espoir qu’un rêve se réalise, celui d’un partage au sommet avec un auteur qui navigue si bien dans les
profondeurs de l’âme humaine.
Notre ascension est régulière, guidée par la passion de la montagne vosgienne, dans un moment de complicité tant désiré. Pour cette grande première hivernale, nous avançons pas à pas
les yeux fixés sur le sol neigeux, et parfois, en s’arrêtant, nous écoutons le silence dans une faible obscurité qu’une demi-lune réussit parfois à illuminer. Plus haut, entre les deux grands
sommets, le brouillard tente de tout envelopper, mais un dernier raidillon nous hisse au paroxysme du bonheur, sur un dôme conique libérant un espace grandiose ouvert sur un firmament criblé
d’étoiles.
Le lendemain, nous découvrons l’incomparable dentelle blanche des Alpes, au dessus d’un océan de brumes stagnantes. Ce lever du soleil sur le deuxième plus haut sommet des Vosges
marque l’apothéose d’une situation d’exception.
Cher Bertrand
"Cette expérience montagnarde avait tous les caractères de l’étrange. Une sorte de séjour sur le seuil initiatique de l’insolite. Dans la faible lumière et les brumes opaques des halliers, le
regard ne se fixe plus sur les choses. Il abandonne insensiblement ses repères et ses territoires pour succomber au silence. En se dirigeant vers l’intérieur il devine les signes visibles de
l’invisible. Il aperçoit encore par instants des gemmes de vif argent saupoudrées par les étoiles. Et, ici et là, quelques éclairs de diamants fugaces bientôt offerts aux ombres.. L’obscurité est
un néant de l’image. Elle favorise l’imagination du néant. Elle place le montagnard isolé entre ciel et terre face à son propre abîme, face à la vacuité du monde. Je ne peux m’accrocher à rien.
La pente se dérobe sous mes pieds et les coraux glacés des hêtres tortillards m’instillent un sérum de vérité. Et je peux ouvrir lentement, par bribes de pensées légères, les portes d’accès
à la mémoire du monde. Il faut se taire pour entendre le lieu délivrer son message, dans une langue qui permet de se libérer de soi. Il faut s’identifier au silence pour reconnaître l’âme immense
de ce paysage. Il faut enfin s’oublier dans l'instant minéral, pour entrer dans les noces de non-vie, l’énigme première de l’hiver…"
Très cher Patrick
"Déjà dans cet instantané de ton imagination, je perçois au-delà de tout automatisme, une réflexion bien posée, issue directement de tes frais souvenirs. Le lourd silence nocturne de la montagne
a incontestablement marqué ton esprit, emporté que tu étais dans une ascension quasi irréelle. S’élever lentement au-dessus du brouillard, se rapprocher des étoiles, pour dormir sur de la neige
glacée, et enfin, regarder très loin, le plus loin possible, ensemble, pour mieux comprendre les beautés de ce monde. Ce vécu commun nous aura transportés dans les derniers recoins du bonheur, un
bonheur qui se mérite et qui se partage. Libre à nous de poursuivre ces expériences hors normes qui ne peuvent que nous enrichir durablement."
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: "Une grosse boule de soleil
du Storkenkopf au Storken"
Bon dimanche Bertrand.
Ces visions sur les Alpes me troublent la vue, malgré qu'en ce moment, je suis malade et atteint d'un virus touchant les labyrinthes de mes oreilles internes (troubles de l'équilibre ... ) : maladie appelée " labyrinthite " ! Je suis sous traitement médicamenteux, ne t'inquiètes pas : je reprends des forces doucement, mais sûrement ! C'est un virus de saison, d'après le médecin de garde chez lequel j'étais hier. Sinon, je te souhaite encore une bonne et heureuse année 2010 et tous mes meilleurs voeux de bonheur, de réussite, d'argent, de travail et surtout, de SANTE !!! Bien à toi, PPDR.
Bravo Bertrand ...