Partager l'article ! De l'eau si proche de la cabane: Mardi 18 mai 2010 Le temps est passé si vit ...
La
Source, chronique d'une cabane forestière
Dernière mise à jour, au 09 décembre
"Ebauche d'historique et de
géologie"
Mardi 18 mai 2010
Le temps est passé si vite, les semaines ont défilé à vive allure, dans une jonction brutale entre deux saisons si bien contrastées. Les premiers beaux jours ont été investis dans la protection du crapaud commun en pleine phase de migration et de reproduction. Du coup, mon esprit s’était un peu éloigné de la cabane. Et puis les premières fleurs ont pris le relais. Bien difficile d’être partout et de répondre à toutes ses aspirations. Mais quel plaisir de reprendre le chemin de l’ermitage, dans ce fond de vallon nimbé de fraîcheur printanière.
Les volets sont clos, n’ont-ils donc pas bougés durant ces quatre derniers mois ? Je reste un court instant dubitatif. Mais si, bien sûr, la cabane a forcément eu des visites, sur une si longue période. Et une fois franchi le pas de la porte et ouvert les volets, je constate rapidement que les traces de passage sont bien présentes : des morceaux de bougies éparpillés, du bois prélevé, des casseroles déplacées, des miettes sur la table, et dehors, un foyer non loin de l’entrée de la cabane. Mais il n’y a pas eu de dégradations, c’est bien là l’essentiel, et cela me suffit à considérer ce léger remue-ménage comme un moindre mal.
Je nettoie rapidement les lieux pour faire place nette avant mon petit-déjeuner. Mes mains un peu salies me donnent l’occasion de retrouver le petit ruisseau en contrebas de la
cabane. Mais quelle n’est pas ma surprise de voir l’eau couler beaucoup plus en amont, carrément au niveau du captage d’eau. Le jaillissement du précieux liquide est abondant, la source est
pleinement active en raison certainement des nombreuses pluies de ces dernières semaines. De l’eau si proche de la cabane, c’est comme un cadeau du ciel, mais il suffirait d’une longue période
sans pluie pour que la source se tarisse à nouveau et que l’eau n’apparaisse que plus bas dans le vallon.
Tartines de beurre et de miel avec du bon pain frais, et la grande fenêtre qui m’offre une vue apaisante sur la forêt toute reverdie, je savoure nonchalamment ce moment de vie. Tandis que je m’affaire à poser la dernière vitre manquante de l’une des deux fenêtres côté nord, des nappes de brume tentent de coiffer les crêtes environnantes, le soleil n’apparaissant plus que par intermittence.
Un dernier regard sur la cabane et je m’éloigne d’elle
progressivement, mais c’est promis, je ne la laisserai plus livrée à elle-même sur une si longue période, elle me semble si fragile.
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