Partager l'article ! Des traces comme une fatalité: Jeudi 9 septembre 2010 Je reviens enfin vers la cabane, en cet ...
La
Source, chronique d'une cabane forestière
Dernière mise à jour, au 09 décembre
"Ebauche d'historique et de
géologie"
Jeudi 9 septembre 2010
Je reviens enfin vers la cabane, en cette fin d’été, en espérant entendre un premier brame dans le fond du vallon. Au moment où je m’apprête à partir, j’observe durant une poignée de secondes la course d’une harde de sangliers sur une zone à découvert. Plus loin, un bruit furtif très éloigné me fait penser au cri rauque du cerf, mais rien n’est certain.
Dans quel état vais-je la retrouver, après deux mois de haute saison touristique, et qui dit tourisme de masse signifie forcément davantage de fréquentation sur les chemins vosgiens, même dans les secteurs les plus retirés.
Et je ne tarde pas à constater qu’il y a eu du passage, mais dans quelle mesure, bien difficile à dire. Les volets sont tous ouverts, heureusement aucune vitre n’est cassée. Plusieurs indices m’indiquent qu’il y a eu du mouvement, heureusement non préjudiciable : une bouteille plastique vide laissée dans les étagères du petit bureau, les deux bouteilles porte-bougie déplacées sur le haut de la porte d’entrée, la nappe de la table pliée et posée sur le banc, la table elle-même plaquée contre la banquette, et enfin, la lanterne décrochée et mise sur la petite étagère en compagnie d'une des vieilles casseroles.
Fait bien moins anodin, cette tentative désespérée de faire fonctionner le poêle à bois en ramenant le vieux tuyau percé que j’avais laissé dehors, plutôt cocasse.
Sinon disparition du mètre dans le casier à matériel de bricolage, il fallait bien que quelque chose disparaisse. Seul point positif, la petite glace, quelqu’un ayant pris l’initiative de la fixer à l’aide de clous pour éviter qu’elle ne tombe et ne se casse, incroyable mais vrai !
Et pour finir en beauté, encore en rapport avec le feu, la mise en place d’un nouveau foyer non loin de la source, à l’endroit même où j’avais fait place nette avant l’été.
On fait du feu, ce qui est déjà interdit en forêt, et bien sûr, on ne se prend pas la peine de démanteler le foyer. C’est comme une fatalité, lorsque l’homme passe, il ne peut s’empêcher, consciemment ou pas, de laisser derrière lui une trace bien visible de son passage.
Sur cette dernière et amère constatation, je prends calmement mon petit déjeuner en prenant bien soin de remballer mes maigres petits déchets. Et avant de partir, je n’oublie surtout pas mon traditionnel coup de balai.
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