Partager l'article ! Etre et avoir: Dans notre vie quotidienne, nous sommes souvent dans une logique séquentielle : AVOIR/FAIRE ...
La
Source, chronique d'une cabane forestière
Dernière mise à jour, au 09 décembre
"Ebauche d'historique et de
géologie"
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Dans notre vie quotidienne, nous sommes souvent dans une logique séquentielle :
AVOIR/FAIRE/ETRE, que l’on peut traduire de la façon suivante : Si j’AVAIS ceci ou cela, alors je FERAIS ceci et je SERAIS heureux. Ou encore : Quand j’aurai mon pavillon, alors je ferai… de la musique, du bricolage, du jardin, que sais-je… et je serai heureux… enfin… Cette logique de repousser toujours plus loin le bonheur et de le conditionner à une possession matérielle ne trouvera jamais sa pleine
satisfaction. Il y aura toujours « l’objet supplémentaire » qui manquera à mon bonheur.
Les traditions philosophiques et spirituelles nous expliquent que la logique inverse
devrait s’appliquer. Il convient d’ETRE, d’abord, au sens d’être pleinement et authentiquement présent au monde (c’est-à-dire être attentif, disponible…), et en particulier aux autres, ce qui
conduit naturellement à des actions justes (FAIRE), qui peuvent parfois nécessiter des objets (AVOIR).
Le développement humain et spirituel ne passe jamais par l’abondance des biens
matériels, mais bien par celle des biens relationnels. L’un des mots d’ordre de la décroissance, qui s’applique aux plus nantis (que nous sommes, en moyenne en Occident), est ainsi
« moins de biens, plus de liens (1)».
Sur le plan professionnel, les rythmes et modes de travail accélérés, la recherche première et parfois exclusive de rentabilité élevée, imposés par la croissance perpétuelle et la technologie qui y est rattachée, nous stressent et instrumentalisent toute relation. Elle ne peut plus être vécue pour elle-même, dans sa plénitude et avec sa part de rêve et d’imprévu (en bref sa part de « vie »), mais elle doit être efficace, productive. Et si nous pouvons chiffrer, mesurer, donc « techniciser » ou « industrialiser » tout cela, c’est encore mieux ! Nous sommes loin, dans notre empressement doublé de cette volonté d’efficacité technicienne, d’une vie qui nous permette d’être disponibles à notre environnement, à nous-même et aux autres comme ils le méritent.
(1) Paul Ariès, Décroissance ou barbarie, Golias, 2005.
Extrait du livre de Nicolas Ridoux, La décroissance pour tous, aux éditions Parangon, 2006
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