Partager l'article ! Premier bivouac et sécurisation: Mardi 24 novembre 2009 Irrésistible cette envie de dormir enfin d ...
La
Source, chronique d'une cabane forestière
Dernière mise à jour, au 09 décembre
"Ebauche d'historique et de
géologie"
Mardi 24 novembre 2009
Irrésistible cette envie de dormir enfin dans la cabane, avec la magie d’un bivouac pour prolonger une petite parenthèse de vie forestière. Malgré des éléments extérieurs qui se
déchaînent, je me décide tout de même à partir, en pleine nuit. Là-haut, tout prend des proportions plus grandes, l’altitude renforce le vent et la pluie, la basse couverture nuageuse empêche
tout rayonnement de l’astre lunaire, nimbant la forêt montagnarde dans une grande obscurité, exempte de toute pollution lumineuse artificielle.
Les volets sont de nouveau bien restés clos, et tout est resté parfaitement en place depuis ma dernière visite. Qu’il fait bon ainsi pénétrer dans un abri et se sentir protégé, alors
que des grosses gouttes de pluie se fracassent inlassablement sur le toit, entraînées qu’elles sont par un vent tourbillonnant en furie. Je ne tarde pas à installer mon duvet sur la large
banquette, pour la première fois. Je ressens une grande solitude, et l’ambiance dans le refuge est irréelle.


Il a plu toute la nuit, et il pleut encore ce matin.
L’humidité est omniprésente mais il ne fait pas trop froid. Après un bon petit déjeuner, je prends la décision d’enlever les tuyaux du vieux poêle à bois pour me rendre compte réellement de leur
état. Et comme je pouvais m’en douter, outre le fait qu’ils soient percés en de multiples endroits, ils se présentent totalement encrassés. Pas
étonnant la dernière fois que le tirage n’est pas pu fonctionner dans de bonnes conditions. Mieux vaut donc retirer ces conduites en attendant leur nettoyage ou leur remplacement, le poêle
n’étant de toute façon plus du tout opérationnel dans de telles conditions, et pouvant même représenter un risque potentiel pour des personnes ne maîtrisant pas son utilisation. Puis je prends
les mesures précises de l’installation, du sol jusqu’au trou d’évacuation, et de ce trou jusqu’au bord de l’avancée de toit, dans le cas où je me décide au final à changer complètement de poêle.
Cette idée d’ailleurs me hante l’esprit, avec la perspective d’avoir un foyer ouvert permettant d’admirer la flamme.


Je rapatrie vers le chemin forestier, plus bas dans le
vallon, une bonne partie des gros déchets trouvés autour de la cabane, des éléments d’anciens tuyaux et un vieux câble de débardage. En remontant, tout comme la dernière fois, je ramasse
deux grosses branches, que je scie dès mon retour, pour continuer à stocker du bois.

La fenêtre sur laquelle j’ai remplacé des vitres semble être la plus soumise aux intempéries. Je constate d’ailleurs une infiltration d’eau au niveau de son soubassement, ce qui
explique le pourrissement du bois à cet endroit précis. Sa rénovation s’impose donc sans trop attendre, mais suppose qu’il ne pleuve pas pendant un certain temps pour que le bois soit
parfaitement sec. Puis je m’attèle à la grande fenêtre sans volets, celle totalement dépourvue de vitres, et correctement occultée par du plastique. Son état n’est pas très bon non plus, des
croisillons entiers manquent à l’appel. Tant que ces derniers ne sont pas réparés, il
n’est pas question d’envisager la pose de nouvelles vitres.


C’est en photographiant la cabane d’un peu plus loin que mes yeux se focalisent sur un des grands sapins, juste à côté. Je
n’avais pas encore remarqué l’inclinaison de son fût, très mal orienté, penchant dangereusement dans la direction de l’abri. Quelle n’est pas ma frayeur en voyant cet arbre gigantesque,
positionné là comme une épée de Damoclès, et menaçant directement la cabane. Aurait-il été fragilisé lors de la grande tempête Lothar de 99 ? Une zone dévastée jouxte bien la cabane en
contrebas. Je me pose des questions, me rassurant en me disant que l’arbre penche ainsi depuis de nombreuses années, et qu’il est toujours debout. Une chose est certaine, l’avenir de la cabane ne
peut-être envisagé tant que ce grand conifère continue à représenter un danger pour elle. C’est une question de sécurité, pour moi, comme pour toute personne susceptible de fréquenter ces lieux,
par un jour de grand vent. Je me sens soudainement responsable de la suite des évènements, et ne peut concevoir désormais de venir ici en toute
insouciance.

Abattre cet arbre, prendre contact avec la commune concernée, et sauver la cabane de la Source !
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