Partager l'article ! Quête de l'eau et du feu: Jeudi 22 octobre 2009 Quel enthousiasme pour cette troisième visite ! J’emporte dans ...
La
Source, chronique d'une cabane forestière
Dernière mise à jour, au 09 décembre
"Ebauche d'historique et de
géologie"
Quel enthousiasme pour cette troisième visite ! J’emporte dans mon sac du papier
journal et du petit bois bien sec pour tester le poêle, également un rouleau de sacs poubelle et une pince pour enlever quelques clous. Cette fois-ci je ne croise aucun hôte de la forêt, le
sous-bois est très calme, pas le moindre bruissement de branche ou de feuille.

En quelques minutes, je retrouve la cabane de la Source, à priori personne n’est venu ces derniers jours, tout est resté en place depuis mon grand nettoyage, les protections sur
les vitres manquantes sont toujours là, et rien n’a été déplacé.
Je m’empresse de voir d’un peu plus près ce vieux poêle de cuisine, en scrutant au préalable le tuyau d’évacuation des fumées. Hum, pas très rassurant tout cela, il a l’air
vraiment en piteux état. Avant de gratter l’allumette, je commence à l’inspecter dans tous ses recoins et j’enlève au passage les vieilles cendres qui l’encombrent. A l’extérieur, d'autres bouts
de tuyau jonchent au sol, dans les ronces, sérieusement attaqués par la rouille.

Tout cela n’est pas de très bonne augure. Et en effet, très rapidement, des volutes de fumée s’échappent du vieux De Dietrich, ne laissant aucun doute sur sa mauvaise santé.
Pour accroître les émissions de vapeurs grisâtres, j’enfourne du vieux carton dans le petit foyer. Les fumées sortent alors de partout, de plus en plus visibles, dénonçant tous les interstices
coupables de leur fuite.
Dehors, le gros tuyau évacue plein pot, montrant une image un peu plus rassurante, mais dedans, l’intérieur s’avère être de moins en moins respirable, malgré porte et fenêtres
grandes ouvertes.


J’en profite pour prendre l’air, et l’idée me vient de suite de partir à la recherche de l’eau. Qui dit vallon, dit peut-être source et ruisseau. Et puis, n’ai-je donc pas
attribué à cette cabane un nom qui révèle la présence du précieux liquide ?
Je descends donc dans la zone de chablis, au creux d’un thalweg envahi de ronces, les oreilles bien tendues. L’eau ruisselante se fait doucement entendre, à seulement quelques
dizaines de mètres de l’abri. Un endroit un peu plus pénétrable m’amène rapidement au bord du petit ruisselet envahi
d’orties et de branches entrelacées. Je déplace quelques cailloux pour créer un semblant de retenue, pouvant ainsi plonger mes mains dans une petite vasque d’eau fraîche et bienfaisante. Cette
eau, qu’il faut se donner la peine d’aller chercher, qui ne coule pas à profusion, c’est un retour à l’essentiel, la prise de conscience d’un des biens les plus précieux, indispensable à la
vie.


Je prolonge mon petit tour dans l’environnement proche de la cabane. Un mirador surveille les alentours, plus bas dans la pente. Assis sur son banc, dans une position très
confortable, je surveille toute la zone. Puis je rejoins une route forestière plus bas encore, faisant la jonction avec un chemin d’exploitation me ramenant directement vers la cabane, par chance
donc, un chemin carrossable à priori que pour certains véhicules.
Le feu s’est éteint. Comment raviver la flamme sans fumée ? Boucher les interstices de papier alu, nettoyer les conduites, à moins d’installer un nouveau poêle ?
Indispensable feu, qui réchauffe, cuit, et donne vie à l’abri. Je me sens dans l’obligation de trouver une solution à ma portée, pour que je puisse enfin habiter ce lieu et y vivre des moments de
pleine sérénité.



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