Partager l'article ! Se dévoiler pour la bonne cause: Jeudi 10 décembre 2009 De toute évidence, cet arbre inclin ...
La
Source, chronique d'une cabane forestière
Dernière mise à jour, au 09 décembre
"Ebauche d'historique et de
géologie"
Jeudi 10 décembre 2009
De toute évidence, cet arbre incliné tout à côté de la
cabane ne m’a pas laissé l’esprit tranquille. Je m’empresse donc, au préalable d’une nouvelle visite, de m’adresser à la mairie pour prendre contact avec un responsable du service gérant les
forêts communales. Une personne m’accueille et je lui fais part de ma demande en lui montrant sur la carte la localisation exacte de l’abri, ainsi qu’une photo permettant d’étayer idéalement mes
propos.
Me présentant comme fréquentant régulièrement les lieux, pour y manger ou m’y reposer, je lui explique le danger potentiel que représente cet arbre à la fois pour moi et bien sûr
pour d’autres personnes de passage. Je lui signale par la même occasion, le début de mes travaux d’entretien de l’abri, pour le rendre plus agréable, nettoyage et remplacement des vitres cassées.
Je lui fais part également de mon projet de suivi de la faune du secteur, l’abri me servant en quelques sortes de camp de base.
Mon interlocuteur semble dès le début relativement surpris par mon profil, quelqu’un qui s’intéresse comme cela à un abri de bûcherons et qui se prend la peine de l’entretenir
bénévolement. Heureusement, sa réceptivité me semble acquise, et il me transmet sans sourciller une autorisation écrite pour pouvoir emprunter la route forestière me menant au plus près de
l’abri, pour que je puisse évacuer l’ensemble des déchets que j’avais déposés au bout du chemin menant à la cabane.
Au fil de la discussion, nous parlons des autres refuges du secteur et des actes de vandalisme qu’ils subissent régulièrement. Selon lui, la cabane existerait depuis fort longtemps,
et il serait peut-être question de la remplacer par une autre construction bois, mais tout ceci reste très vague, ce ne sont que des dires. Je lui réponds illico que cet abri me semble encore en
bon état, et qu’en changeant le poêle à bois et en le rafraîchissant quelque peu, rien ne pourrait à priori justifier sa destruction.
Notre échange se termine cordialement et je repars satisfait de ma démarche. Il ne me reste donc plus qu’à poster une demande écrite au maire pour faire abattre l’arbre, et demander
accessoirement l’autorisation de poursuivre mon petit entretien. Me faisant ainsi connaître, j’espère finalement, à travers mes récentes initiatives, redonner toutes les chances d’une seconde vie
à la cabane de la Source, et pourquoi pas solliciter une aide pour le remplacement du poêle à bois. Mais rien pour l’instant ne semble acquis.
La matinée est pluvieuse et le brouillard bien présent sur les hauteurs. Sur la route forestière, je croise un ouvrier de la commune en train de restaurer quelques glissières
d’écoulement des eaux. Je lui montre mon autorisation de circulation et nous discutons également des quelques abris du secteur. Puis je retrouve la
cabane, volets clos, intacte. Je revois le grand conifère, impassible, dans sa position fantasmagorique.
C’est à chaque fois comme un voyage au bout du monde, loin, très loin de mon quotidien. Je commence par scier les quelques branchages amassés la dernière fois, puis je range du
matériel récemment acheté, un produit pour décaper la vieille peinture, un durcisseur pour le bois attaqué par l’humidité, un lasure extérieur pour protéger des intempéries, du papier de verre et
quelques pinceaux.
Parmi les quelques outils laissés sur place, le petit
marteau manque à l’appel, disparu, volatilisé, et en soulevant la plaque posée sur le fourneau, je découvre des bouts d’emballage papier déchirés. La sérénité du lieu est soudainement mise à mal,
bafouée, par je ne sais quelles personnes qui évoluent dans un monde qui n’est pas le mien.
Je rapatrie les tous derniers déchets jusqu’à ma
voiture, notamment les tuyaux du vieux poêle définitivement hors d’usage. De retour à la cabane, je prends les mesures précises de l’encadrement principal de la grande fenêtre aux croisillons
cassés. Je renonce finalement à leur réparation délicate et l’installation de vitres qui s’ensuit, optant plutôt pour la pose d’un grand plexiglas d’un seul tenant sur l’ensemble de
l’ouverture.
Quitter cet endroit est à chaque fois une épreuve, mon
attachement pour cette cabane se renforce à chaque fois, toujours plus prégnant, toujours plus surprenant.
Monsieur le Maire,
Je fais suite à l’entretien du jeudi 10 décembre 2009 que j’ai eu avec Monsieur M., au cours duquel je lui ai signalé la présence d’un arbre en forêt que je suppose être
dangereux, de part son importante inclinaison. Il me semble qu’il existe un danger potentiel en cas de grand vent, car le conifère penche directement sur l’abri ainsi que sur le
sentier.
Je profite de cette signalisation pour vous informer que j’ai, depuis quelques semaines, entamé une petite rénovation du refuge, notamment par un nettoyage intérieur et
extérieur, et le remplacement des vitres manquantes. J’ai ainsi récupéré un coffre complet de déchets divers. Je me suis permis de retirer les conduits d’évacuation du poêle à bois, percés,
encrassés, et définitivement hors d’usage, pouvant représenter un risque potentiel d’enfumage à l’intérieur de l’abri. Je compte prochainement poser un plexiglas au niveau de la grande fenêtre,
et passer du lasure sur les encadrements de fenêtre. Je remercie au passage Monsieur M. pour la délivrance d’une autorisation de circuler sur la portion de route forestière me menant à proximité
de l’abri afin de récupérer l’ensemble des déchets amassés.
Mon initiative bénévole s’explique du fait que je vais être amené à régulièrement fréquenter cet abri, ayant l’intention prochainement, sur ce secteur précis, d’entamer un suivi
des possibles indices de présence du lynx, ainsi qu’un audit faunistique plus large. Par la même occasion, cela me paraît louable de remettre en état un magnifique petit refuge susceptible
d’accueillir dans de bonnes conditions toutes personnes respectueuses de la forêt, exploitants forestiers, chasseurs et autres randonneurs.
Outre la coupe de l’arbre fragilisé, je sollicite donc de votre part l’autorisation de poursuivre l’entretien et la rénovation de cet abri qui me paraît être encore en bon état,
et qui, à mon sens, ne devrait pas faire l’objet d’une éventuelle destruction pour cause de vétusté. Je sollicite également votre aide pour la mise en place d’un nouveau poêle à bois, valorisant
ainsi définitivement cette sublime et authentique cabane forestière.
Je vous remercie par avance, Monsieur le Maire, pour l’attention que vous réserverez à ce présent courrier.
Bien cordialement.
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