
La Source, chronique d'une cabane
forestière
Dernière mise à jour, au 21 janvier
"Une grande ouverture
sur la neige"
| Mars 2010 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | ||||
| 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | ||||
| 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | ||||
| 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 | ||||
| 29 | 30 | 31 | ||||||||
|
||||||||||
Les bories, appelées dans la région cabanes ou bastidons, pour une appellation plus authentique, servaient
d’abris temporaires aux paysans pendant les travaux des champs, leur évitant de longs et pénibles voyages vers le village, et aux bergers pour s’abriter des intempéries ou du soleil, surveiller
leurs troupeaux ou ranger leurs outils.

Si les bories sont très nombreuses dans toute la haute Provence, elles sont, dans l’extrême
sud-est, localisées aux Préalpes de Grasse et de Vence. Construites sur le principe de la voûte en encorbellement, elles diffèrent cependant des bories de Provence par un appareillage plus grossier, en gros blocs
de pierre, au lieu de dalles plates.
L’observation de plusieurs règles d’or est nécessaire pour édifier sans danger ces dômes en pierre de plus de cent tonnes, sans mortier et sans charpente. Il s’agit donc d’utiliser
la technique dite d’encorbellement des roches, qui consiste à créer un volume intérieur plus ou moins hémisphérique, en respectant le sens, l’avancement des rangées de pierres, les pressions
exercées sur celles-ci. Chaque rangée doit ainsi être disposée légèrement en surplomb par rapport à la précédente, un parement extérieur retenant un comblement de pierrailles servant de
contrepoids.

Généralement rondes, en forme de dôme ou de ruche, avec quelquefois plusieurs gradins, elles abritent un espace restreint, ayant une superficie
intérieure moyenne d’environ 5 m², avec des murs de plus d’un mètre d’épaisseur.

La construction en pierre sèche offrait plusieurs avantages. En plus des murettes qui permettaient
efficacement de retenir la bonne terre tout en assurant le stockage des cailloux, l’édification d’un abri de pierre sèche participait également à cette utilisation des pierres qui rendaient
difficiles les cultures. Elle servait à compacter quelques dizaines de tonnes supplémentaires. C’était un autre moyen d’organiser la pierre en volumes compacts afin de libérer de nouveaux espaces
cultivables, et cela ne demandait au final qu’un peu plus d’efforts. En outre, elle pouvait être effectuée par une seule personne, économisait le bois souvent très rare, et ne pouvait être
détruite par un incendie.


L’étude des cadastres anciens montre que ces constructions datent des XVIIIe-XIXe siècles, période pendant laquelle l’habitat, jadis groupé en villages, se disperse peu à peu,
parallèlement à l’accroissement du défrichement et à la mise en culture des terrains.


Au temps des cabanes, il fallait consacrer quelques heures par an à recaler des pierres, entretenir l’édifice. Mais beaucoup d’entre elles se sont depuis écroulées, car une fois les
pierres faîtières ôtées, l’abri devient beaucoup plus fragile, les pierres devenant de plus en plus instables.


Aujourd’hui, de toute part, des passionnés, entre inventaires et restaurations, ne ménagent pas leur peine pour qu’on les
considère à juste titre comme des éléments du patrimoine. Aussi humbles soient-elles, elles n’en demeurent pas moins précieuses.
_________________________________
Articles sur le blog : La présence de l'homme sur le plateau de Caussols
Caussols modelé par le passage des
troupeaux
retour vers la liste
des synthèses